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L’ouvrage du Simserhof

Le premier projet (7 juillet 1929)

Un projet initial fut conçu par le colonel Frossard au cours de l’année 1929. Examiné par la Commission d’Organisation des Régions Fortifiées (CORF) le 1er juillet 1929, il prévoyait la construction d’un fort composé de 5 blocs de combat distants de 50 mètres en moyenne l’un de l’autre.  

L’entrée aurait été située dans un ravin arrière, avec une voie ferrée étroite permettant le ravitaillement de l’ouvrage, qui devait être entouré d’un fossé antichar avec des coffres de défense. Il aurait été armé d’une tourelle d’artillerie à longue portée orientée vers Zweibrücken. 

Ce projet possédait de nombreux défauts techniques dont le fait qu’il nécessitait un grand déboisement et n’offrait qu’un champ de tir restreint et des vues limitées en raison de la forte inclinaison des vallées de Schorbach et de la Horn, qui présentaient autant de masques et angles morts permettant à un adversaire de s’infiltrer en toute discrétion, à l’abri des vues et des coups directs. L’ouvrage étant dès lors trop exposé aux actions des unités de type Sturm/Stosstruppen et sa défense rapprochée jugée trop complexe, le projet fut rejeté.

Le projet définitif (12 juillet 1929)

Pour aboutir à l’ouvrage du Simserhof tel que vous le voyez aujourd’hui, il aura fallu pas moins de 16 mois d’études et 3 réunions plénières de la CORF.

Le plan de masse reçut l’aval du Ministre de la guerre Paul Painlevé (1863- 1933) et du Maréchal Pétain (1856 – 1951) entre les 21 et 24 septembre 1929. Le plan d’implantation définitif fut validé le 9 octobre 1930 par la CORF.

La construction du Simserhof s’étala sur près de 10 ans, de 1929 à 1939. On engagea la société Ossude, spécialisée depuis 1908 dans les travaux sous-terrains et qui avait notamment travaillé sur le réseau métropolitain de Paris. La main-d’œuvre compta 2000 ouvriers travaillant jours et nuits.

Le nouveau projet se composa de 8 blocs de combats, situés à l’avant (vers la frontière) :
– les demi-ouvrage Est et demi-ouvrage Ouest,  à 3 blocs chacun  ;
– 2 blocs d’artillerie.
Leur accès se fera par 2 blocs d’accès, dédiés l’un à l’entrée des munitions, l’autre à celle des hommes, situés à l’arrière (vers l’intérieur du pays) et ouvrant vers le cœur de l’ouvrage :
– les magasins de munitions ;
– le casernement (lieu de vie des soldats) ;
– l’usine électrique.

Le gros œuvre fut réalisé entre 1930 et 1933. En 1934, l’usine électrique, les monte-charges, les réseaux de câbles et le réseau ferroviaire furent mis en place. En 1937, le champ de rail antichar continu fut implanté. A partir de 1938, l’ouvrage fut prêt à fonctionner. En 1939, on ajouta des éléments extérieurs.

Le coût de l’ensemble de sa construction s’éleva à environ 120 millions de franc à l’époque, soit à peu près 80 millions d’Euros aujourd’hui. Il se dota de 5 km de galeries. Il aura fallu 175, 878 m3 de terrassement et 44.700 m3 de béton armé. Il est alors capable de résister à des projectiles de mortiers géants comme « la grosse Bertha »., ce qui lui valu d’être considéré comme le 4ème fort le plus imposant de la Ligne Maginot.

La vie dans l’ouvrage

Le Simserhof était occupé par un équipage composé de 876 hommes, issus du 3e bataillon du 153e régiment d’infanterie de forteresse (RIF), du 7e bataillon du 155e régiment d’artillerie de position (RAP) ainsi que d’éléments des 1er, 15e et 18e régiments du génie.

Le commandement de l’ouvrage est confié au lieutenant-colonel Aumoitte, du 10 avril 1938 au 12 février 1940, puis c’est le lieutenant-colonel Mauvin qui prend en main le fort, avant de laisser sa place au lieutenant-colonel Bonlarron, à partir du 25 avril 1940.

En temps de paix, les troupes d’active affectées au Simserhof, étaient stationnées dans le casernement du Légeret, fraîchement sorti de terre et qui offrait des bâtiments neufs et confortables. L’état-major du régiment résidait à la caserne Jouart, à Bitche.

L’ouvrage du Simserhof s’articulait, comme tous les ouvrages de la Ligne Maginot, au tour de deux parties distinctes : une partie arrière et une partie combat. On accédait à la partie arrière par deux entrées : une entrée homme (EH) et une entrée munitions (EM). Dans cette partie de l’ouvrage, on retrouvait le casernement (lieu de vie des soldats), les cuisines, l’usine électrique et le magasin à munition (M1). Les blocs de combats sont éloignés de 800 à 1 500 m de l’entrée des munitions.

Une étroite cohabitation s’est instaurée entre les troupes de forteresse et les habitants de la région. Le 17 mai 1936, la ville de Bitche remet ses fanions au 153e RIF et le 20 septembre 1936, c’est au tour des commerçants et du syndicat d’initiative de remettre leurs fanions aux batteries d’ouvrage.

La vie à l’intérieur de l’ouvrage était calquée sur celle des navires de guerre. Un service par quart rythmait la vie et l’occupation des locaux :

* le quart de veille (durée de 4 heures) : le personnel devait assurer la permanence au téléphone, se tenir à proximité des pièces d’artillerie et armes automatiques en prévision d’une intervention immédiate.

* le quart de piquet (durée de 4 heures) : le personnel était au repos dans le bloc (la nuit seulement) ou en corvée également dans le bloc. Éventuellement des travaux extérieurs pouvaient être réalisés.

* le quart de renfort ou de repos (durée de 8 heures) : repos effectif dans les chambrées.

* le quart disponible : personnel logé pendant 24 heures dans la caserne de l’ouvrage et mis à la disposition du major d’ouvrage.

Les troupes enfermées dans le fort n’avaient plus la notion du temps, la vie n’étant pas réglée en fonction du jour et de la nuit mais par rapport aux heures de quart.

Pendant la « Drôle de guerre », le secteur était calme. Ainsi, quotidiennement, des séances d’éducation physique pouvaient être organisées et les éléments non affectés à leur poste pouvaient s’affairer dans les blocs à l’entraînement et à l’entretien. Fin septembre 1939, le commandement de l’ouvrage autorisait encore l’équipage à prendre l’air devant la grille de l’entrée des munitions et certains frontaliers, munis d’un sauf-conduit, pouvaient se rendre à Bitche afin de vérifier l’état de leur maison. Des mises au vert dans des villages proches étaient organisées et des exercices de tir rompaient l’attente quotidienne. À partir de fin novembre, des permissions de 10 jours étaient même accordées par roulement.

Il n’y avait pas de rassemblement de tout l’équipage, excepté pendant la messe du dimanche, célébrée par le sergent Thiéry dans la gare du magasin à munition M1. Il était interdit de circuler dans les galeries. Des efforts furent déployés pour améliorer le quotidien des soldats. Au Simserhof, des fresques ornent les murs de la forteresse. Le soldat Simon, décorateur de théâtre à l’Opéra de Paris, orna le foyer-bar, dans le casernement, de fresques représentant Blanche-Neige et les sept nains.

Malgré ces efforts, la vie sous terre entraîne une sensation indéfinissable que  procure l’absence de lumière solaire, de différence entre le jour et la nuit,  ou encore l’exiguïté des locaux et la promiscuité qui affectent le moral de ces soldats. Les équipages vont l’appeler la « bétonite ».

Les combats du Simserhof

Occupé en mars 1936 dans des conditions d’habitabilité relativement mauvaises, le Simserhof est à nouveau investi par les troupes de forteresse en septembre 1938 (Munich) puis en mars 1939. La prochaine occupation sera la bonne.

Le 21 août 1939, la mesure n° 10 est décrétée (occupation des ouvrages). Vers 23 heures, le personnel d’active est à son poste et l’ouvrage est opérationnel. Le 24 août, les réservistes frontaliers rejoignent, avec un délai de 18 heures.

Le 2 septembre, c’est la mobilisation générale et, le 3, l’état de guerre est proclamé.

Le Simserhof doit intervenir une première fois dès le 12 octobre : une tourelle de 75 ouvre le feu en appui des avant-postes installés à une dizaine de kilomètres en avant de la ligne fortifiée.

Le 10 mai 1940, Hitler lance une offensive fulgurante à l’Ouest. La tactique de la guerre éclaire (« Blitzkrieg ») lui permet d’exploiter la percée surprise des unités blindées de la Wehrmacht à Sedan qui mettront cap au nord vers la Manche, atteinte dès le 21 mai, alors que devant la Ligne Maginot la situation reste calme.

Pour faire diversion, les postes avancés sont toutefois bombardés le 12 mai, et l’artillerie du Simserhof riposte pour appuyer les troupes françaises.

A partir du 13 juin, devant les succès allemands au nord, les troupes d’intervalles sont contraintes de se replier vers le Sud de la France. Le Simserhof a pour mission de les appuyer avant que l’équipage ne quitte l’ouvrage en le sabotant.

Le 15 juin, le Simserhof effectue ses tirs mais, le 16 , le lieutenant-colonel Bonlarron comprend que le mouvement de retraite est quasi-impossible pour son unité. Il décide donc de maintenir ses positions sans saborder l’ouvrage et prend des dispositions pour soutenir un siège. Les Allemands approchent.

À partir du 21 juin, l’artillerie du Simserhof entre en action : il faut éviter que l’ennemi se présente trop près de l’ouvrage du Welschhof. Le 22 juin 1940, le Simserhof assiste, impuissant, au drame du Haut-Poirier, qui doit se rendre avec cinq casemates et le 22 juin 1940, un armistice est signé entre le Maréchal Pétain et une délégation allemande.

Le 24 juin, le vent tourne ; la situation du Welschoff, qui n’est plus à portée de tir de l’artillerie du Simserhof, se dégrade brutalement. Il doit se rendre. Ce même jour, le Simserhof doit appuyer l’ouvrage de Rohrbach-lès-Bitche (le Fort Casso) qui est attaqué par les Allemands. Il tire quelques 13 500 obus pour la protection du fort.

Au soir du 24 juin, l’équipage du Simserhof apprend, par la radio suisse, l’armistice avec l’Italie. Dans les clauses de l’armistice, l’article 7 prévoyait que les ouvrages doivent être remis intacts à l’autorité allemande. Le sort des équipages reste ambigu. Les Allemands tentent de négocier avec les ouvrages mais ils sont à chaque fois renvoyés, les commandants d’ouvrages attendant un ordre formel de leur état-major.

Celui-ci leur parvient le 30 juin 1940, porté par le lieutenant-colonel Simon. Les commandants d’ouvrage ont ordre de livrer leurs ouvrages aux vainqueurs. La rencontre a lieu au Grand-Hohekirkel.

Huit jours après l’armistice et cinq jours après le cessez-le-feu, le Simserhof dépose donc les armes et un détachement de la Wehrmacht rend les honneurs à l’équipage invaincu qui est emmené en captivité. Les Allemands étant maîtres de l’ouvrage, la maintenance sera toutefois assurée par quelques officiers et techniciens de l’équipage, le Simserhof servant désormais de stock de torpilles.

En novembre 1944, les Alliés (7th Army du général Alexander Patch) se heurtent à la farouche résistance des Allemands dans la région et, à partir du 15 novembre, la 100th Division donne l’assaut sur le Simserhof. Le bloc 5 est lourdement touché par des bombardements intensifs.

Dans la nuit du 19 au 20 novembre, les Allemands abandonnent le Simserhof, indéfendable, par une sortie de secours après avoir piégé les installations. Les troupes alliées occupent alors l’ouvrage.

Dans la nuit de la Saint Sylvestre 1944, pour exploiter les effets de la bataille des Ardennes,  Hitler lance l’opération Nordwind. La fulgurance des attaques et les ruses employées surprennent les Américains qui, bien que bien installés sur les hauteurs avant Bitche, sont contraints de se replier partiellement.

Ce n’est que le 15 mars , à la faveur de l’opération Undertone, que les Américains reprennent l’offensive en direction de Bitche, définitivement libérée le 16 mars 1945.

La Ligne Maginot

La Ligne Maginot, du nom d’André Maginot, ancien combattant de la Grande Guerre et homme politique plusieurs fois ministre, est une ligne de fortifications et de défense construite par la France le long de ses frontières avec la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne et l’Italie au cours des années 1920-1930.

Si le terme « Ligne Maginot » désigne généralement la ligne toute entière, il se limite parfois aux seules défenses contre l’Allemagne, celles contre l’Italie étant appelées « Ligne Alpine ». Le pendant allemand de la Ligne Maginot est la Ligne Siegfried.

La Première Guerre mondiale, qui s’achève pour la France le 11 novembre 1918 et la signature de l’armistice, laisse derrière elle un pays détruit, exsangue, à bout de souffle qui vient de vivre la guerre la plus dévastatrice de son histoire et qui souhaite plus que tout éviter un nouveau conflit. La conception de la Ligne Maginot au cours des années 1920, puis sa réalisation au cours des années 1930 découlent directement de ce conflit. En effet, la guerre a aggravé la situation démographique de la France, qui se trouve ainsi lourdement défavorisée face à l’Allemagne : en cas de nouvelle guerre, il est nécessaire d’économiser au maximum le précieux « sang français » exalté par les nationalistes dans l’entre-deux-guerres. De plus, la France a subi d’importantes destructions qui ont affecté de grandes villes, des terroirs agricoles fertiles, des axes de communication majeurs et des bassins industriels de première importance ; pour éviter cela, il est nécessaire, en cas de guerre, de repousser immédiatement toute incursion ennemie et de garantir l’intégrité du territoire national.

La Première Guerre mondiale entraîne également une modification radicale de la stratégie française : plus question de « l’offensive à outrance » de 1914 et de la guerre de mouvement ; la prochaine guerre sera une guerre de position, selon le Haut-Commandement français. De plus, l’expérience de Verdun a montré qu’un front continu, où chaque pouce de terrain est battu par de l’artillerie et des mitrailleuses est quasi-imprenable.

De plus, les forts Séré de Rivières construits dans les années 1880 pour protéger les nouvelles frontières de l’Est après la perte de l’Alsace-Lorraine à l’issue de la guerre de 1870, sont désormais trop éloignés de la frontière entre l’Allemagne et la France après le retour des territoires perdus à la France grâce au Traité de Versailles du 28 juin 1919 et leur armement est obsolète.

Missions de la Ligne Maginot

Ces nouvelles fortifications ont ainsi de nombreuses fonctions en cas de guerre :

* économiser les troupes et compenser les classes creuses causées par la Première Guerre mondiale ;
* empêcher une attaque surprise venant de l’Allemagne et permettre de mobiliser l’armée française à l’abri;
* protéger les bassins industriels et les mines d’Alsace et de Lorraine ;
* servir de base à une éventuelle contre-attaque ;
* dissuader l’ennemi d’une attaque surprise pour pousser les Allemands à passer par la Belgique, par la Suisse ou encore par la trouée de la Sarre : en effet, contrairement à une idée trop largement répandue, personne n’a été surpris par le fait que les Allemands cherchent à contourner la Ligne Maginot en 1940 en passant par la Belgique, car tous les généraux français avaient vécu la Première Guerre mondiale et savaient que les Allemands étaient déjà passés par la Belgique en 1914 à cause des fortifications françaises. Et ainsi obliger le Royaume-Uni garante de la Belgique, à se battre contre l’Allemagne aux côtés de la France.

Projets et construction

Les premiers projets de la Ligne Maginot vont voir le jour peu après la fin de la Grande Guerre, avec la création de la Commission de Défense des Frontières (CDF) en 1922. C’est elle, sous l’égide du maréchal Pétain, qui va établir les premiers plans. Cet organisme est dissous en 1927 pour laisser la place à la Commission d’organisation des régions fortifiées (CORF), organisme qui sera le véritable artisan de la Ligne Maginot.

Les travaux commencent en 1928, non pas face à l’Allemagne mais face à l’Italie, car le fascisme italien est à l’époque plus menaçant que la République de Weimar allemande. De nombreux chantiers sont ouverts au cours de l’année 1929 dans les Alpes mais aussi dans le Nord-Est. Les crédits alloués à la construction des fortifications sont votés par le Sénat le 14 janvier 1930 (avec 90 % des voix). À la tribune se tient André Maginot, ministre de la Guerre, ancien combattant grièvement blessé en 1914, l’un des plus fervents défenseurs de la fortification des frontières. C’est ainsi que, dans la mémoire collective, la ligne fortifiée reste associée au nom de cet homme.

Les premiers crédits s’élèvent à 2,9 milliards de francs de l’époque (soit 1,7 milliard d’euros). Au total, la Ligne Maginot coûtera plus de 5 milliards de francs, ce qui ne représente pas une dépense particulièrement importante dans le budget de l’État, surtout que, du fait de la crise économique et de l’inflation constante, les dépenses seront compressées au maximum, ce qui se ressentira sur la qualité des réalisations.

La construction s’active jusqu’en 1933, date à laquelle le gros-œuvre des principaux ouvrages est terminé. En 1934, une nouvelle série de chantiers s’ouvre dans le Nord-Est dans la Sarre française et autour de Montmédy face à la Belgique. En 1935, (après l’arrivée au pouvoir d’Hitler et les revendications de Mussolini), des crédits supplémentaires sont alloués pour tenter de couvrir toute la frontière, mais ces constructions dites « des nouveaux fronts » n’auront ni la valeur, ni l’efficacité des premiers ouvrages. La CORF est dissoute et ses compétences sont transmises aux commandants d’armée locaux. En 1936, on peut considérer que la Ligne Maginot est terminée. Dans les années qui suivent, les Services Techniques du Génie (STG) et la Main d’Œuvre Militaire (MOM) construisent des milliers de blockhaus tout le long de la frontière, au-delà même des « anciens fronts » bâtis par la CORF ; cette campagne de construction se poursuivra jusqu’en 1940 et témoigne d’un changement de doctrine dans l’utilisation de la Ligne Maginot, puisque, conçue à l’origine comme uniquement un moyen d’arrêter une offensive brutale de faible envergure, elle est à présent considérée comme une muraille de béton infranchissable capable de retenir des armées entières, ce qui n’était pas son but originel.

Vous êtes un(e) passionné(e) de la Ligne Maginot ?

  • L’Association des Amis du Simserhof est chargée de l’entretien de l’ouvrage du Simserhof. Plus d’informations sur le site internet de l’Association et sur leur page Facebook. 
  • Le WIKI de la Ligne Maginot : WIKI MAGINOT